ÉPAQ et campus de Carleton-sur-Mer: les enseignants et enseignantes de l'ÉPAQ et du campus de Carleton-sur-Mer seront en grève le 11 mai en après-midi. Pour plus d'informations, consultez vos MIO ou vos courriels.

Nos étudiants crient leur détresse

Les projets de vie de centaines d’étudiants internationaux sont en jeu en raison d’un imbroglio politico-administratif fédéral-provincial

 

Le Cégep de la Gaspésie et des Îles a conclu avec le Collège Matrix un partenariat public-privé qui fonctionne à l’avantage des deux collèges, de la région Gaspésie-les Îles et de l’ensemble du Québec, et qui met de l’avant l’expertise pédagogique développée au Québec. Ce projet est menacé par l’apparente indifférence des autorités fédérales et provinciales devant la détresse de nos étudiantes et étudiants étrangers. Ceux-ci attendent depuis des mois les visas nécessaires à leur venue au Canada et à la poursuite de leurs études.

Ils nous l’écrivent tous les jours : les formations à distance, le stress de la pandémie et les embuches reliées à l’obtention du permis d’études génèrent chez eux énormément d’anxiété. Sur les différentes plateformes web, cette communauté cogne à toutes les portes et réclame justice : les étudiantes et étudiants se sentent pris en otage.

C’est que depuis novembre dernier, l’émission des permis nécessaires pour l’inscription des étudiants étrangers est bloquée par un imbroglio politico-administratif fédéral-provincial. Nos interventions répétées auprès des deux gouvernements n’ont donné aucun résultat.

Le désespoir de ces jeunes devrait suffire à faire bouger les gouvernements, mais il y a plus. Le projet qui est aujourd’hui menacé a créé plus de 200 emplois à Montréal et en Gaspésie. L’effet économique direct, indirect et induit se compte en millions de dollars pour Montréal, pour la région Gaspésie-les Îles et pour le Québec. Qui plus est, nous avons ouvert une vitrine internationale mettant en valeur l’expertise du cégep, donc de notre réseau public d’éducation supérieur, dans le deuxième pays le plus peuplé du monde.

Nous formons des centaines d’étudiants étrangers dans des secteurs où il y a pénurie de main-d’œuvre au Québec. Nous leur offrons une formation en tous points équivalente à celle offerte à nos étudiantes et étudiants québécois et au terme de leur programme, nous leur décernons des diplômes qui leur permettront d’accéder à des emplois de qualité. Les frais de scolarité qu’ils doivent acquitter sont comparables à ceux demandés par le secteur collégial public à tous les étudiantes et étudiants étrangers (à l’exception des étudiants français).

La question du français

Restent les inquiétudes relatives à la langue d’enseignement. Nous sommes conscients de l’importance de cette question et nos deux maisons d’enseignement ont introduit le français dans leurs activités d’enseignement pour les étudiants étrangers. Pourrions-nous en faire plus ? La réponse est oui et nous y travaillons.

Chose certaine, il est illusoire de croire régler la question du français à Montréal en refusant les étudiants internationaux qui ne parlent pas français à leur arrivée ici. Ces étudiantes et ces étudiants ont rempli toutes leurs obligations; il est injuste de ne pas honorer les engagements que nous avons pris envers eux, dans le respect total des lois et règlements du Québec et du Canada.

Sans une intervention immédiate de la part du gouvernement du Québec, l’existence même de ce projet est à risque à très court terme, car les inscriptions pour l’automne sont bloquées. Les projets de vie de centaines d’étudiants sont en jeu, ainsi que les emplois de professeurs et autres employés.

Compte tenu de l’urgence de la situation, nous demandons à la ministre de l’Enseignement supérieur de faire connaître sans attendre ses intentions à la suite des « vérifications » qui ont été menées auprès de certains collèges relativement à ce dossier. De plus, le gouvernement du Québec doit sans tarder intervenir énergiquement auprès du gouvernement du Canada afin que soient enfin délivrés les permis attendus par les étudiants.

Il en va du respect d’une communauté étudiante qui se sent abandonnée et de la réputation du Canada et du Québec comme terre accueillante.

 

Lettre ouverte signée par : 

Yolaine Arseneau, directrice générale, Cégep de la Gaspésie et des Îles
Roland Auger, directeur général, Collège Matrix